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Parti de la Gauche Européenne
Les objectifs de la "stratégie de Lisbonne" doivent être remis en cause
Ensemble, pour rendre possible une autre Europe, rejetons le traité constitutionnel

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Parti de la Gauche Européenne

Les objectifs de la "stratégie de Lisbonne" doivent être remis en cause
Texte d’Alain Obadia, responsable du groupe de travail de la Gauche européenne portant sur la politique économique, à l’occasion du Conseil européen de Bruxelles les 22 et 23 mars 2005

Les institutions de l’Union européenne, orientées pour promouvoir un « marché unique » et un « euro fort », sont en crise très profonde.

Le gouffre n’a cessé de se creuser entre les promesses sociales pour faire accepter cette orientation et la réalité qu’elle a engendrée avec le chômage massif, la précarité généralisée, l’affaiblissement de l’Europe.

Loin de répondre aux aspirations et aux luttes qui expriment partout en Europe le besoin d’une autre construction et dont la manifestation du 19 mars à Bruxelles a montré la détermination, les dirigeants de l’Union veulent pérenniser celle qui est en cours pour une « durée illimitée », comme le stipule le projet de traité constitutionnel.

Cette fuite en avant attise les divisions intra-européennes.

C’est à quoi on assiste avec le Pacte de stabilité et de croissance. Conçu pour protéger l’euro de toute pression inflationniste et, en définitive, la politique monétariste de la Banque centrale européenne (BCE) au service des marchés financiers, il est aujourd’hui largement transgressé par ses propres promoteurs.

Il incite les Etats à tailler dans les dépenses de santé, d’éducation, de recherche, d’emploi... pendant que le crédit des banques coule à flots pour les placements financiers, les OPA, les exportations de capitaux contre la croissance réelle et, encore plus, contre l’emploi. Mais cela engendre des contradictions fortes entre les Etats qui sont arrivés à respecter le pacte et d’autres comme l’Allemagne, la France ou l’Italie qui n’y sont pas parvenus. D’où cette bataille au sommet pour que bougent certaines règles afin que rien ne change fondamentalement. Car tous se retrouvent unanimement pour ne pas toucher à la BCE et à la « concurrence libre et non faussée » au cœur de la construction européenne actuelle.

Les tentatives d’amendement à la marge du pacte de stabilité expriment à la fois une difficulté majeure des promoteurs de l’Europe libérale et leur volonté de la poursuivre malgré tout.

Il faut abroger le pacte de stabilité et, en prenant appui sur les luttes et les aspirations populaires, rompre avec la logique libérale qui domine aujourd’hui l’Union. Il faut la réorienter vers des objectifs de progrès social et d’emploi et s’engager sur un nouveau type de développement humain et durable pour un essor de la civilisation européenne.

C’est dans ce contexte qu’intervient l’examen à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne lancée en 2000, qui prétendait faire de l’Union « l’économie la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010 ».

Son l’échec est aujourd’hui avéré.

Les économies de la zone euro sont globalement à la traîne de l’OCDE en matière de recherche-développement, d’innovation et de progrès des qualifications, tandis que se réduisent comme peau de chagrin leurs avancées de pointe (aéronautique, spatial). La zone euro présente depuis 1999 un retard cumulé de croissance de 7 points sur les Etats-Unis.

Alors que se développe le phénomène des « travailleurs pauvres » la France a un taux de chômage de 10%, seuil inconnu depuis 5 ans, et 12,6% de la population active, soit plus de 5,2 millions de personnes, sont à la recherche d’un emploi en Allemagne.

Ce sont les objectifs mêmes de la stratégie de Lisbonne qui doivent être remis en cause.

La croissance dont il est question doit répondre à un autre type de développement, social, solidaire, citoyen et durable.

Lorsque l’on parle d’emplois, il faut préciser qu’ils doivent être stables, bien rémunérés, et accompagnés de formations et il faut rappeler que l’emploi est un droit pour chaque personne.

La « société de la connaissance » doit être conçue de manière ambitieuse, au-delà du seul utilitarisme économique pour permettre à chaque homme, à chaque femme de s’épanouir, de vivre dignement, de pouvoir s’autodéterminer, et d’être solidaire de ses concitoyens. Bref, tout cela, dont il faut en effet créer les conditions d’ici à 2010, est à mille lieux d’un objectif exclusif de compétitivité.

Ce sont de telles orientations d’efficacité sociale économique et environnementale que le PGE entend placer au cœur de son action et promouvoir avec les forces progressistes et les citoyens d’Europe.

Le 23 mars 2005

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Constitution européenne

Texte intégral et analyse

90 pages

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