NON, le texte de constitution européen n’en est pas un : a-t-on déjà vu une constitution intelligible de 800pages ? NON, il ne permettra pas à l’Europe de porter un projet d’avenir serein et d’égalité des chances pour les femmes et les hommes qui y vivent : il n’est pas fondé sur la solidarité. NON, il n’a rien à voir avec le type de constitution qui a permis les démocraties : il oppose aux fondements de celles-ci, basées sur les droits de l’Homme, une construction autour de politiques économiques libérales, capitalistes. L’Europe que nous voulons doit, au contraire, fonder de nouveaux droits solidaires pour tous ses habitants.
Notre monde est ainsi fait qu’il y a toujours eu des « rapaces ». La construction des civilisations s’est faite malgré et avec eux, avançant par des combats collectifs pour permettre l’accès du plus grand nombre aux droits fondamentaux : accès à la terre, à la nourriture, à l’eau, l’énergie, l’éducation, la santé...L’Europe, pour assurer une paix durable à l’intérieur et au-delà de ses frontières, doit se bâtir sur ces grands principes.
La souveraineté alimentaire, droit pour tous les peuples de définir leur politique d’alimentation, doit bannir la pression du marché mondial libéral, de la « libre » et très inéquitable concurrence, de l’ « arme alimentaire ». Elle doit guider nos politiques pour une agriculture paysanne et solidaire répondant aux besoins de la société, par laquelle tout paysan a droit à un revenu décent, qu’il produise du lait, des céréales, du vin ou des fleurs, qu’il élève des porcs ou des chevaux. Une politique agricole pour des territoires vivants, orientée vers des pratiques agronomes économes, respectueuses des hommes et de leur environnement, prend alors tout son sens : elle retrouve sa légitimité sociale et économique.
Parce que nous voulons toujours croire à une autre Europe possible, faite de coopération et de solidarité, non de compétition et d’exclusion, la Confédération Paysanne s’engage dans l’appel pour le vote « NON » au référendum sur le traité constitutionnel qui nous est proposé.
3 février 2005