La primauté du marché ne peut pas faire bon ménage avec la culture.
Par une répétition lancinante des principes de « concurrence libre et non faussée », « respect du marché intérieur », « élimination des distorsions de concurrence », « libéralisation des services » etc, le Traité Constitutionnel sanctuarise le marché et le modèle libéral. Ces principes ne sont pas nouveaux, ils ont constitué le moteur de l’édification européenne avec une accélération depuis l’Acte unique et la volonté de réalisation d’un marché intérieur.
La primauté du marché ne peut pas faire bon ménage avec la culture.
Par une répétition lancinante des principes de « concurrence libre et non faussée », « respect du marché intérieur », « élimination des distorsions de concurrence », « libéralisation des services » etc, le Traité Constitutionnel sanctuarise le marché et le modèle libéral. Ces principes ne sont pas nouveaux, ils ont constitué le moteur de l’édification européenne avec une accélération depuis l’Acte unique et la volonté de réalisation d’un marché intérieur. Mais il s’agit bien ici de « constitutionnaliser » le marché et ses règles, ce qui en fera une « Constitution » : ultra-libérale sans égal.
Les politiques sociales, les services publics, la diversité culturelle et plus largement les biens communs ne sont reconnus que par dérogation aux principes de marché. Ce Traité Constitutionnel est une arme redoutable pour pousser plus loin encore la libéralisation en particulier celle des services.
Le champ culturel n’est pas épargné. Qu’en est-il aujourd’hui d’une ambition culturelle européenne ? Le moins que l’on puisse dire est que la Constitution n’en fait pas une priorité. Sil le principe de la diversité culturelle est affirmé, il n’est à aucun moment soutenu par l’expression d’un volontarisme en matière de développement culturel, de soutien à la création à l’échelle du continent, d’affirmation de la nécessité d’une circulation de la culture dans toutes les couches de la société européenne.
Bien au contraire : en constitutionnalisant le principe de concurrence, la Constitution européenne, comme les Traités qui l’ont précédée, n’accorde à la Culture qu’un statut dérogatoire fragile. Ce manque de considération est renforcé par les budgets ridicules consentis aux projets culturels communautaires et à l’opacité et la complexité de l’attribution des aides.
Il faut le répéter : l’exception et la diversité culturelles sont d’abord menacées par la marchandisation croissante de la Culture, qui ne prend pas seulement la forme d’un agresseur extérieur, mais d’une injonction générale à une Culture « rentable » à l’intérieur du continent européen. Les concentrations dans le secteur de l’édition, de la production musicale, des télécommunications sont là pour le prouver quotidiennement.
Voici quelques arguments à quelques semaines du référendum. Nous avons décidément besoin de construire l’Europe autrement, avec au cœur la Culture.
Ils sont en fichier joint.