"Les femmes ont besoin d’Europe, et l’Europe a besoin des femmes, mais comme citoyennes à part entière, responsables et reconnues dans leurs droits", estime Mme Halimi, jugeant que "cette Constitution recèle menaces et pièges pour elles".
"Il faut lui dire non, ouvrir l’avenir et construire une autre Europe", propose-t-elle, proposant une grille de lecture féministe du texte.
Mme Halimi note tout d’abord que "l’égalité entre les femmes et les hommes" ne figure pas parmi les valeurs fondatrices de l’Union, énumérées à l’article I : "liberté, démocratie, respect de la dignité humaine". Celle-ci n’est mentionnée que comme une caractéristique de "notre société", au même titre que "le pluralisme", ou "la tolérance".
En outre, si la Charte des droits fondamentaux, article II-81, "proscrit +toute discrimination sur le sexe+", "quelle est la force contraignante d’une telle charte ?", s’interroge-t-elle.
La célèbre militante pour le droit à l’avortement note également qu’il "est fait silence sur ce +droit-clé+ des femmes dans le texte.
Si "rien n’interdit explicitement dans ce texte le droit de choisir ses maternités", rien "ne le garantit" non plus, ouvrant "la porte à un dangereux laisser-faire, laissez-passer". Portugal, Irlande, Pologne, Chypre et Malte interdisent encore l’IVG, rappelle-t-elle.
Si toute référence à la laïcité est bannie, les mots de "religions", "Eglises", et "liberté religieuse" ont "droit de cité", note aussi Mme. Halimi, qui voit un "danger pour les femmes" dans cette "référence unilatérale à des Eglises, qui toutes ont contribué à édifier le patriarcat et à mettre les femmes en sujétion".
Enfin, "l’hymne au libéralisme, à la concurrence libre" frappe "plus durement les femmes que les hommes", qui "subissent de plein fouet la précarité de l’emploi, sa flexibilité".